Mes 17 ans de vie avec la vessie timide. Du 1er blocage jusqu’à ma guérisson.

Cliquez pour voir la vidéo

0  comments

3...2...1...allez vas-y Guillaume publie cet article !

Cela fait au moins 2 ans que je veux parler de mon expérience perso avec la parurésie (vessie timide), mais c'est difficile.

Comment je peux avouer au monde un secret que j'ai gardé 17 ans ?

Incapable d'uriner dans les lieux publics...c'est embarrassant.

Mais aujourd'hui, j'ai choisi de parler et d'aider ceux qui vivent ce que j'ai vécu. 

Si vous avez la vessie timide, vous allez sûrement vous reconnaître dans mon récit. À l'inverse, vous allez découvrir le cauchemar que peut devenir le simple fait d'aller aux toilettes.

MARRE DE BLOQUER AUX TOILETTES ?

Ma rencontre avec la paruresie

Mes premiers souvenirs de blocages datent du lycée en 1999, j'avais 16 ans et j'étais en seconde.

J'étais dans un grand lycée d'environ 700/800 élèves et donc autant dire que se retrouver tout seul aux toilettes était rare. J'ai bloqué 1 fois, 2 fois, 3 fois et puis j'ai arrêté de compter et commencé à me demander ce qui m'arrivait.

Pourquoi bordel ? J'étais en parfaite santé, jamais malade et très bonne condition physique. Qu'est-ce qui cloche chez moi ?

Il me faudra attendre presque 17 ans pour trouver réponses à ces questions.

Ma vie avec la vessie timide

Guillaume : verseau ascendant parurésie moyenne

Petit à petit il a fallu me rendre à l'évidence. J'avais un problème irrationnel : je n'avais pas de problème chez mes parents ou quand j'étais tout seul, mais dès qu'il y avait quelqu'un c'était juste pas possible.

Heureusement pour moi, si j'arrivais à être caché dans l'intimité d'une cabine j'arrivais à 80% à uriner.

J'ai identifié les choses suivantes :

  • Les cabines c'est cool, ça me permet d'y arriver, mais il n'y en a pas beaucoup. Et attendre devant une cabine c'est "la honte",
  • L'alcool m'aidait à y arriver,
  • La forte musique qui couvre le bruit de l'urine dans l'urinoir m'aidait parfois (boîte de nuit par exemple)
  • Si dans mon inconscient les autres personnes ne représentent pas une menace à mon égo* (enfants, frères, famille, copine...) j'y arrive.
  • La sensation d'être ou de pouvoir être vu me bloque totalement.
  • Les muscles qui contrôlent ma vessie se contractent tout seul juste avant d'y arriver (parfois même pendant !),
  • Même tout seul dans les toilettes, le simple fait d'entendre un bruit dans le couloir me bloquait,
  • Visiblement je suis le seul au monde,
  • Si je trouve l'enf**** qui a inventé les urinoirs je lui casse les jambes,

Tout cela correspond aux signes d'une parurésie moyenne. Sauf qu'à ce moment là de ma vie je ne savais pas que ça avait un nom et encore moins que d'autres personnes en souffraient. Je pensais être le seul au monde (voir l'univers !) à avoir ce truc.

*Cette notion de menace est difficile à expliquer, mais en gros c'est la notion de sentiment d'infériorité.

Mes années d'études

Dans mes années lycée, j'ai développé l'habitude de ne jamais aller aux toilettes en même temps que mes potes. J'y allais toujours plus tard, car "non, j'ai pas envie maintenant", alors que je pouvais remplir une piscine olympique. Cela m'a valu quelques réflexions comme : 

"Guilaume, pourquoi tu ne viens jamais aux WC en même temps que nous ?".

Les années lycée, c'est les années où on commence à boire de l'alcool et, heureusement pour moi, ça m'a bien aidé en dehors des cours. Et, magie magie l'alcool nous désinhibe et cela débloque la vessie !

Le souci c'est que je suis assez résistant à l'alcool et que la parurésie était elle aussi coriace, donc il fallait que je boive...beaucoup...trop ! 

Heureusement pour moi, nous n'allions pas trop dans les bars (ou pas trop longtemps) ce qui m'a permis de moins être confronté aux blocages avec "ces gens que je ne connais pas" autour de moi.

Paris, ses bars et sorties

Après mes études, vers 24 ans j'ai emménagé à Paris avec ma copine de l'époque.

J'ai surkiffé mes années à Paris. On peut sortir partout...mais cela signifie difficultés pour uriner : concerts, bars, restaurants, amis avec petits apparts et toilettes trop proches du salon devenaient un challenge.

Je commençais à évaluer combien de personnes étaient dans les toilettes en analysant le flux entrant et sortant. Le but de la manoeuvre était de choisir le bon moment pour tenter ma chance.

Guillaume // Ancien parurétique

Heureusement encore, j'avais mon ami alcool qui m'a sauvé la mise plus d'une fois. Neanmoins, je ne pouvais pas toujours l'utiliser. Ça marchait pendant une sortie entre amis, mais je ne pouvais pas trop boire quand j'étais avec ma chérie par exemple.

C'est là que j'ai développé mes talents de "super espion". Quand je rentrais dans un endroit, je localisais tout de suite les toilettes et choisissais mon siège en fonction pour garder un oeil sur cet endroit stratégique.

Quand je sentais que l'envie me venait, je commençais à évaluer combien de personnes étaient dans les toilettes en analysant le flux entrant et sortant. Le but de la manoeuvre était de choisir le bon moment pour tenter ma chance.

Parfois ça marchait, parfois j'avais mal calculé. Donc je faisais style de me laver les mains ou me mettais devant un urinoir...fixait un point...attendait quelques secondes...déclenchais la chasse d'eau...toujours pas...bon bah on va se laver les mains et faire comme-ci.

Je retournais d'où je venais, mais avec une frustration teintée de honte qui ne me quittera pas jusqu'à ce que j'y arrive.

Si vous n'avez jamais vécu cela, sachez juste que c'est horrible. On se retrouve avec nos amis/famille sans vraiment vivre ou profiter du moment car on a :

  1. Une vessie toujours pleine,
  2. De l'angoisse, de la frustration, de la honte,
  3. Un esprit qui ne pense qu'à une chose : PISSER,
  4. Et pendant tout ça, il faut qu'on agisse comme si de rien n'était avec les personnes avec qui l'on est,
  5. L'anticipation de la prochaine tentative fait monter le stress

En d'autres termes : ce n'est plus nous qui vivons avec la vessie timide. C'est la parurésie qui dirige notre vie.

Mes années d'expatriation

Mon rêve était d'être expatrié et j'ai réalisé ce rêve à 26 ans. Je suis parti au Moyen-Orient.

Cela implique de prendre l'avion pendant des heures. Heureusement pour moi j'arrivais à m'en sortir, car dans l'avion il y a le bruit ambiant qui couvre ce qui se passe dans les toilettes. Cependant, j'ai galéré plus d'une fois notamment quand je savais qu'il y avait quelqu'un qui attendait juste derrière.

Au travail, j'ai eu l'énorme chance d'avoir des toilettes quasi privées (qu'on partageait à 2 ou 3).

De plus, au Moyen-Orient, j'ai constaté que les toilettes dans les lieux publics sont plus accueillantes. Il y a toujours un grand nombre de cabines et même les urinoirs sont plus espacés et avec séparations. Bon, autant dire que la séparation n'aide à pas grand-chose quand on est parurétique, mais bon c'est toujours ça de pris. 

Tout ceci fait que ces 4 années se sont plutôt bien passées, hormis les quelques fois dans les bars branchés avec beaucoup de monde.

Kenya et le manque d'intimité

J'ai ensuite vécu 3 ans au Kenya. Là-bas ce n'était pas le standard du Qatar en termes de toilettes.

Surtout dans les bars locaux, il y avait souvent des rigoles avec souvent 1 seule cabine dont parfois la porte ne fermait pas ! Le cauchemar de toute personne avec la vessie timide (et sûrement de ceux qui ne l'on pas aussi) !!

vessie-timide-paruresie-temoignagne-experience-guerir

Le cauchemar incarné des parurétiques. Celui qui a inventé ça n'avait pas de coeur.

C'est là que mes pouvoirs de "super espion" développés dans le passé m'ont sauvé la mise plus d'une fois. Mais, dans mon bar favori, qui pouvait accueillir 200 à 300 personnes le week-end, il y avait dans les toilettes hommes 1 cabine et 2 urinoirs !

Un vrai cauchemar, le nombre de fois où j'ai tenté les urinoirs sans y arriver alors que j'avais la vessie prête à exploser, c'était horrible. Généralement, je prenais sur moi et retentait ma chance 15min plus tard et j'attendais la cabine.

C'était stressant, car il y avait souvent, les gros soirs, un "préposé aux toilettes" dans les toilettes et son boulot c'est de rester là à presser sur le savon et donner le papier aux gens qui se lavent les mains, et bien sûr nettoyer les toilettes si besoin.

Cela veut dire que même quand il n'y a aucun client, il y a toujours ce type qui "nous regarde" si on tente l'urinoir et qui "nous écoute" si on prend la cabine.

La peur de parler de la vessie timide

Seul au monde

Bizarrement je n'ai jamais cherché sur Google sur les blocages aux toilettes. J'aurais sûrement rapidement vu que ça porte un nom, mais surtout que je n'étais pas seul. J'ai Googlé sur tous les sujets depuis 2001, mais jamais au grand jamais je n'ai fait de recherche sur la parurésie.

Résultat ?

J'ai toujours pensé que j'étais le seul au monde à voir ce truc. Que sur les 7 milliards d'habitants j'étais l'UNIQUE qui ne pouvait pas pisser tranquillement.

J'avais tort.

Même si c'est très difficile à estimer 5-7% de la population serait touchée par la vessie timide sans discrimination de pays ou milieu social.

Le souci quand on pense qu'on est le seul c'est qu'on n’ose pas en parler. Le raisonnement est simple. Si je suis le seul alors personne ne connaît le problème. Donc, personne ne peut m'aider, en conséquence je n’en parle pas.

Et puis c'est quand même un sujet gênant, j'imaginais toujours en parler à quelqu'un et qu'il me rit au nez tel Nelson dans les Simpsons !

La réaction que j'imaginais si j'avouais ma vessie timide à quelqu'un.

Ou pire d'aller chez le médecin et qu'il me dise "eh bah mon grand faut déstresser, ça fera 25€ svp". Ou qu'il veuille me refiler des médicaments dont je n’ai pas besoin, qui ne traitent pas la cause et qui me donneront des effets secondaires.

Bref, j'étais comme beaucoup de personnes avec la vessie libre : incapable d'en parler à qui que ce soit.

Les muscles du sphincter ne se contractaient plus pour tout bloquer. Je ne sais pas comment décrire ça, mais c'est comme si mon cerveau était déconnecté des muscles qui contrôlent ma vessie.

Guillaume // Ancien parurétique

Bali et la confession

Jusqu'à un jour à Bali, sur une petite île ou j'étais avec ma copine (aujourd’hui ma femme), et dans un moment de bien être et liberté sur la plage, j'ai choisi de m'ouvrir à elle et de lui dire. J'espérais secrètement que ça me libérerait et que ça partirait tout seul.

Mais 3 choses se sont produites :

  1. Elle a été compréhensive et ça c'était cool,
  2. La parurésie n'est pas partie.
  3. On était maintenant 2 à le savoir

J'étais resigné à vivre tout le reste de ma vie ainsi 🙁

Comment j'ai vaincu ma parurésie

Alors que j'habitais toujours au Kenya, je lisais un livre et suis tombé par hasard sur l'EFT (Emotional Freedom Technique).

La technique, au premier abord très simple, promet qu'avec des tapotements et des phrases que l'on répète nous libérer de problème que l'on a.

Curieux, j'ai fait quelques recherches sur internet et les données scientifiques et cela paraissait concluant. Mais pour moi la seule vérité, c'est celle de l'expérimentation personnelle.

Les 70 minutes les plus importantes de ma vie

Un jour j'ai eu un flash et j'ai décidé d'essayer ça sur moi-même et ma parurésie.

Je me suis allongé dans mon lit et j'ai commencé. Ne sachant pas d'où vient ma vessie timide, j'ai commencé par ma mémoire la plus ancienne, celle des remarques au lycée.

De fil en aiguille, d'autres choses sont remontées, j'ai appliqué la méthode pendant 70min. Je ne me souviens pas de tout le cheminement, mais je me souviens juste que la dernière mémoire était moi tout gamin en balade avec mes grands-parents et mes parents, et en train de faire pipi derrière un arbre mon grand-père m'a dit quelque chose (dont je n’avais aucun souvenir) qui m'a marqué.

Et après ? Rien. Enfin, ce n’est pas comme si j'avais eu une vision et qu'un ange était venu me toucher dans un halo de lumière blanche. Rien, je me sentais décontracté, mais je n'ai pas eu de révélation.

Le test

1 ou 2 jours plus tard, je me retrouve dans mon bar favori (celui avec 1 seule cabine et 2 urinoirs !). J'y allais souvent l'après-midi avec mon pc, car il y avait un bon wifi et du courant en continu (l'électricité coupait souvent au Kenya).

Je me souviens aller aux toilettes, tout seul, cool, je tente l'urinoir et là un mec entre. Normalement, c'était fini pour moi, blocage direct, tirage de chasse pour faire style et basta. Mais cette fois-ci, pouf, c'est sorti tout seul.

J'ai mis ça sur la chance. Sauf, que j'ai retenté 2, 3, 4 fois...IDEM. Les muscles du sphincter ne se contractaient plus pour tout bloquer. Je ne sais pas comment décrire ça, mais c'est comme si mon cerveau était déconnecté des muscles qui contrôlent ma vessie.

Ce que j'aurais voulu crier au monde quand j'ai réussi :

Je suis enfin LIBÉRÉ

J'ÉTAIS LIBÉRÉ. 17 ans de galère partie en 70min !! Incroyable !

Si vous lisez ceci et que vous avez la parurésie, je vous souhaite de vivre ce moment. Ça doit être comme gagner une médaille d'or olympique ou sortir de prison auprès des dizaines derrière les barreaux. L'épée de Damoclès part du dessus de notre tête. C'est magique.

L'EFT n'est pas magique

Cette expérience m'a tellement marqué que j'ai décidé de devenir praticien en EFT.

Seulement voilà le truc !

Sur internet, vous allez trouver des gens qui vous disent que c'est miraculeux et qu'en quelques minutes vous pouvez régler un problème. Ça peut arriver, cependant, la plupart du temps cela demande plus de travail sur soi-même.

Sans rentrer dans les détails ici, pour vaincre la parurésie il faut prendre ses responsabilités et travailler sur soi-même. Sans ça, elle vous contrôlera toute votre vie.

Conclusion

Pour conclure, je souhaite vous dire que vous n'êtes pas seul et qu'il y a de l'espoir.

Il est possible de soigner la parurésie et les blocages aux toilettes. Si vous en avez vraiment marre de bloquer aux toilettes et êtes prêt à agir, cliquez ici et faites vos premiers pas gratuitement contre la parurésie à travers 2 heures de vidéo  !

J'espère que cet article vous a redonné de l'espoir et que vous vous êtes reconnu dans mon histoire.

Voilà, j'ai vaincu ma peur d'en parler publiquement. N'hésitez pas à partager votre avis et vos expériences en commentaire, ça me fera chaud au cœur !


Vous aimerez aussi :

70 ans de peur des oiseaux envolée avec l’EFT.
35 ans de phobie extrême de l’eau vaincue avec l’EFT.

A Propos de l'Auteur

Guillaume

Praticien EFT certifié, je pratique l'EFT en France et partout dans le monde par Zoom. Quand je ne tapote pas sur les gens, je me défoule avec le Krav-Maga (self-défense), je me détends avec les jeux de société et j'apprends en lisant de bons livres. A bientôt.

{"email":"Email address invalid","url":"Website address invalid","required":"Required field missing"}

Vous ne savez pas où commencer ?

Découvrez un mini-programme GRATUIT pour découvrir l'EFT !

>