Parurésie (vessie timide) : symptômes, causes et solutions pour s’en libérer

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Il est possible que vous arriviez sur cette page et découvriez seulement après des années que vos blocages aux toilettes portent un nom :

 Parurésie ou Vessie Timide pour les intimes.

Comment je sais ça ?

J'ai eu la vessie timide pendant 17 ans et je n'ai jamais su que ça portait un nom. Je pensais d'ailleurs être le seul au monde à avoir ce truc, j'avais tort !

Vous avez parfois des blocages aux toilettes, mais ne savez pas pourquoi ? Lisez cet article et vous aurez les idées claires ce qu'est vraiment la vessie timide.

MARRE DE BLOQUER AUX TOILETTES ?

La parurésie (vessie timide) c'est quoi ?

La parurésie, syndrome de la "vessie timide" ou encore urinophobie, est l'impossibilité ou une grande difficulté pour uriner quand on peut être vu ou entendu par les autres, ou qu'on pense qu'on peut l'être, ou quand on est pressé par le temps.

En d'autres termes, les lieux publics et la présence d'autres personnes aux alentours ou derrière une porte devient un cauchemar qui nous bloque pour commencer à uriner ou, parfois, couper le jet en plein milieu quand on se sent menacé.

En revanche, on n'a aucun problème en l'absence de ces contraintes.

5 à 7%
de la population mondiale concernée

Les causes de la vessie timide

Le fait de pouvoir uriner sans aucun problème quand on est tout seul écarte la présence de problème physique. (la dysurie est le nom du trouble urinaire avec causes physiques)

Dans le cas de la parurésie, c'est plutôt de l'anxiété qui s'apparente à une phobie sociale, qui est à l'origine des blocages urinaires.

Comme souvent avec les phobies, des traumatismes du passé sont liés, comme des choses vécues à l'école (moqueries, intimidations, surprise aux toilettes…) ou dans la famille (remarque d'un aîné, remarques des parents...).

A noter que les causes ne sont pas toujours conscientes. C'est-à-dire que l'on peut n'avoir absolument aucune idée d'où ça vient.

Les caractéristiques de la vessie timide

Chaque vécu diffère, mais il existe certains traits communs qui permettent d'affirmer le diagnostic :

  • Il n'y a pas de blocage urinaire lorsque les conditions d'intimité sont perçues comme bonnes : lorsqu'on est seuls à la maison, on utilise les toilettes sans problème.
  • Il ne s'agit pas d'une gêne occasionnelle qui pousserait à se retenir de temps à autre, mais d'un blocage urinaire constant dans les mêmes conditions, existant souvent depuis de très nombreuses années au moment du diagnostic.
  • Les déclencheurs du blocage urinaire et les conditions de confort appropriées pour qu'il ne se produise pas sont identifiables.

Il existe autant de degrés de sévérité qu'il n'y a de personnes touchées par la parurésie. Toutefois, on distingue 2 catégories :

  • Forme traditionnelle : le blocage urinaire se manifeste essentiellement dans les lieux publics lorsque les conditions d'intimité sont dégradées (queue aux urinoirs, isolement insuffisant…)
  • Forme sévère : les personnes atteintes sévèrement sont dans l'impossibilité totale de faire pipi même dans des toilettes bien fermées chez des amis, au restaurant, dans un train, etc.

Il m'a fallu 16 ans de parurésie pour que j'ose en parler à quelqu'un, c'était ma femme et ça faisait déjà 5 ans qu'on était ensemble. Je ne savais même pas que ça avait un nom et je pensais être le seul au monde à avoir ce problème.

Guillaume Theret // Ancien parurétique

Qui est concerné ?

Le tabou qui entoure la parurésie et le peu d'études disponibles rendent difficile l'estimation du nombre de personnes concernées, mais sa fréquence serait plutôt élevée.

Selon l'IPA (International Paruresis Association), une organisation internationale créée aux États-Unis pour développer la lutte contre la vessie timide, ce trouble toucherait de 5 à 7 % des populations étudiées, voire plus. 220 Millions de personnes seraient touchées dans le monde sans discrimination de pays ou milieu social.

Les personnes anxieuses, timides, introverties, très conscientes d'elles-mêmes, appréhendant fortement les regards critiques ou avec un sentiment d'infériorité sont les plus touchées.

Les hommes seraient plus touchés que les femmes notamment à cause du design des toilettes et des urinoirs qui "exposent" les hommes à la présence des autres.

90% des personnes qui demandent de l'aide sont des hommes
Current Progress
Current Progress
Current Progress

Parurésie ou trouble urinaire physique ? Comment faire la différence

Avant d'aller plus loin, posez vous cette question simple : pouvez-vous uriner sans aucune difficulté quand vous êtes seul chez vous, dans des toilettes que vous connaissez bien ? Si la réponse est oui, votre blocage n'a pas d'origine physique. C'est le critère le plus fiable pour distinguer la parurésie d'un trouble urinaire d'ordre médical.

La logique est simple. Un problème physique (rétrécissement de l'urètre, hypertrophie de la prostate, infection urinaire, descente d'organes) ne disparaît pas selon le contexte. Une vessie qui dysfonctionne le fait dans toutes les situations, pas uniquement quand quelqu'un attend derrière la porte. À l'inverse, la parurésie est strictement contextuelle : elle apparaît avec la perception d'autrui et s'efface dès que vous retrouvez votre intimité.

Voici les signaux qui permettent de trancher :

Signal Observé

Parurésie

Trouble Physique

Blocage quand vous êtes seul chez vous

non

oui

Faiblesse du jet urinaire

non

fréquente

Douleurs pendant la miction

rares

fréquentes

Besoin de pousser pour démarrer

non

oui

Apparition liée au contexte social

systématique

aucune

Sang dans les urines

non

possible

Si vous bloquez également en étant seul, si vous avez un jet faible, des douleurs ou du sang dans les urines, consultez un urologue sans attendre. Il peut s'agir d'une dysurie, d'une cystite ou d'un problème prostatique, et seule une consultation médicale permettra d'écarter ces hypothèses. Pour identifier plus précisément votre cas, voyez notre comparatif des trois troubles urinaires les plus courants qui détaille les symptômes de la parurésie, de la dysurie et de la rétention urinaire aigüe.

Si en revanche vous urinez sans aucune difficulté dès que les conditions d'intimité sont réunies, le diagnostic le plus probable est bien la parurésie. La suite de cet article s'adresse à vous.

Les Symptômes de la Parurésie

Blocages aux toilettes

Les difficultés urinaires apparaissent le plus souvent dans l'enfance ou l'adolescence, et ont tendance à s'aggraver avec le temps.

Au début, la parurésie s'exprime uniquement dans des circonstances précises. Un cas classique est celui de l'adolescent pris d'angoisse dans les toilettes de son établissement scolaire, car il doit se dépêcher avant la sonnerie ou est sous pression à cause des autres qui attendent.

Sur le plan psychologique, cette anxiété s'accompagne d'une peur irrationnelle d'être jugé négativement et avec le temps un sentiment d'infériorité peut se développer ("pourquoi je n'y arrive pas alors que les autres oui ?!").

paruresie-vessie-timide-quoi-symptome-cause

Quand on a la parurésie, on devient hyper conscient des autres, on se dit qu'ils nous écoutent et se moquent probablement de nous, car on n'y arrive pas. Ce sentiment de honte s'accumule au reste et nous bloque encore plus...tant pis ça sera pour une prochaine fois.

Au fil du temps, les situations susceptibles de déclencher la phobie se multiplient et le blocage urinaire s'aggrave. Plusieurs éléments peuvent déclencher les blocages comme le bruit, l'odeur, les regards des autres, une porte qui s'ouvre, le fait de pouvoir être entendu ou le fait de savoir que d'autres personnes attendent... 

C'est à partir de ce moment là qu'on développe des techniques in situ pour tenter de débloquer ces satanés muscles qui contrôlent notre vessie.

Elaboration de Techniques de "j'ai pas le choix faut que j'y arrive"

Au bout d'un moment, on se dit qu'il faut qu'on trouve des techniques pour s'en sortir parce que parfois on ne peut pas s'échapper.

Parmi les techniques les plus courantes :

  • Fixer un point au mur pour "faire le vide dans la tête",
  • Utiliser un casque audio et de la musique pour "s'isoler",
  • Fermer les yeux,
  • Boire de l'alcool pour se désinhiber (s'en foutre du regard des autres),
  • Utiliser des facultes de "super espion", c'est à dire toujours avoir un oeil sur l'entrée des toilettes pour observer qui entre et sort et choisir le moment opportun pour tenter sa chance.

Malheureusement, ces techniques ne fonctionnent que très peu ou ne sont pas toujours applicables. On développe alors des techniques d'évitement.

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La technique de "fixer un point au mur pour faire le vide" et espérer que les muscles du sphincter se relâchent est un classique chez les personnes atteintes de la vessie timide.

Elaboration de Techniques d'évitements

On commence alors une spirale infernale. La parurésie prend petit à petit le pas sur notre comportement. On met en place des stratégies pour éviter certaines situations. Par exemple :

  • Eviter de trop boire pour ne pas avoir à uriner plus tard,
  • Trouver des prétextes pour s'isoler (prendre une douche, aller très loin des regards en balade...),
  • Refuser des invitations quand on sait que les conditions ne seront pas bonnes (festivals, concerts, bars, amis avec toilettes trop proches du salon...),
  • On retarde le moment d'aller aux toilettes par rapport aux autres afin de pouvoir y aller tout seul quelques minutes plus tard,
  • On invente des comportements et excuses toutes faites pour "se justifier". Si on voit qu'il y a trop de monde quand on rentre des les WC, on va faire style d'aller se laver les mains pour temporiser.

Peur d'en parler, rumination et isolement

A chaque fois que l'on subit un échec, on commence à ruminer envers nous même. Si l'on est dans un contexte social, notre esprit devient de plus en plus préoccupé par cela et en fin de compte on ne profite pas à 100% de l'instant, bref, des moments de vie nous échappent.

Le pire dans tout ça...c'est la peur d'en parler aux autres.

Dire qu'on a peur des araignées ou des endroits clos tout le monde le comprend. Mais ne pas arriver à pisser ?! Le simple fait d'imaginer en parler à quelqu'un est anxiogène.

On n'ose pas en parler à ses proches (parents, partenaire...) ou même son médecin ("il risque de me rire au nez!").

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L'alcool peut, dans certains cas, nous désinhiber et outrepasser le stress de notre environnement ressenti avec la vessie timide. C'est le même principe que pour les relations, on est moins timide après quelques verres. Malheureusement, pour les parurétiques, on comprend bien que ce n'est pas une solution viable sur le long terme.

Pour certains, cela crée des situations insoutenables pouvant être dramatiques (perte d'emploi, dépression, divorce, isolement social...)

Personnellement il m'a fallu 16 ans de parurésie, et pas mal d'alcool dans le sang, pour que j'ose en parler à quelqu'un, c'était ma femme et ça faisait déjà 5 ans qu'on était ensemble. A ce moment là, je ne savais même pas que ça avait un nom et je pensais être le seul au monde à avoir ce problème.

Que faire pour vaincre la vessie timide ?

Malheureusement, comme pour toutes les phobies il n'y a pas de méthode miracle. Au rayon des solutions, on va distinguer 2 types d'approches, le court et le long terme.

Solutions pour guérir la vessie timide (long terme)

Les thérapies comportementales et cognitives (TCC)

Si vous allez voir un psychiatre en lui parlant de votre parurésie, il y a de fortes chances qu'il vous oriente vers une TCC. C'est l'approche officielle, validée par les études, recommandée pour les phobies en général.

Concrètement, c'est quoi ?

Les TCC partent d'un principe simple : ce qu'on pense (le cognitif) influence ce qu'on ressent et ce qu'on fait (le comportemental). Donc on travaille les deux en parallèle.

Sur la parurésie, ça donne trois axes :

  • Identifier les pensées automatiques qui déclenchent le blocage : "il m'écoute", "il va se moquer", "je vais encore me planter". Vous les notez, vous les confrontez, vous les remplacez par des pensées plus réalistes.
  • S'exposer progressivement aux situations redoutées : d'abord uriner avec un proche dans la pièce voisine, puis dans des toilettes publiques calmes, puis dans des urinoirs avec quelqu'un à côté. Marche après marche.
  • Faire des exercices entre les séances : le travail à la maison fait au moins autant que le travail chez le psy.

Honnêtement ? C'est une approche solide. J'aurais probablement gagné des années si j'étais tombé dessus plus tôt.

Mais voilà le truc.

Pour que la TCC marche bien sur la parurésie spécifiquement, il faut tomber sur un psychologue qui connaît le sujet. Et c'est rare. Très rare. La parurésie reste un trouble largement ignoré, et beaucoup d'excellents psys TCC n'en ont jamais traité un seul cas. Vous risquez de vous retrouver à devoir lui expliquer votre propre problème, ce qui est pour le moins bizarre.

Deuxième limite : la TCC classique travaille beaucoup sur les pensées présentes, mais touche moins systématiquement aux mémoires anciennes. Or pour beaucoup de parurétiques, ce sont ces vieilles mémoires (la moquerie en CM2, l'humiliation au lycée, le regard du voisin de pissoir) qui sont la racine du problème.

C'est précisément là que l'EFT que j'enseigne dans Vessie Libre prend le relais. Même logique de fond que la TCC, mais avec un travail supplémentaire sur les mémoires émotionnelles.

L'EFT appliquée à la parurésie

La TCC m'aurait probablement bien aidé. L'EFT, c'est ce qui a vraiment fonctionné pour moi. Mais avant de vous dire pourquoi, il faut que je sois honnête : mon cas n'est pas la norme.

J'ai eu la chance de trouver la bonne mémoire à la bonne profondeur rapidement. Ça arrive. Mais pour la majorité des parurétiques, le travail prend 4 à 12 semaines de pratique structurée. C'est la réalité.

Maintenant, pourquoi l'EFT plutôt qu'une autre approche, même si ça prend du temps ?

L'EFT (Emotional Freedom Technique), concrètement, c'est quoi ? On tapote du bout des doigts sur des points précis du visage et du buste (les mêmes points que ceux utilisés en acupuncture, mais sans les aiguilles), tout en formulant à voix haute la mémoire ou l'émotion sur laquelle on travaille. C'est tout. Pas d'attirail, pas de cabinet, pas de matériel.

Pourquoi ça marche sur la parurésie, alors que sur le papier ça ressemble à un truc bizarre qu'on fait chez soi en pyjama ?

Parce que la parurésie n'est pas un problème de raisonnement.

Vous savez parfaitement que personne ne vous écoute. Vous savez que les autres s'en moquent. Vous savez que votre blocage est irrationnel. Et pourtant ça bloque. C'est que le problème n'est pas dans la tête au sens "réflexion", mais dans le système nerveux au sens "réflexe".

L'EFT travaille là où la pensée ne va plus :

  • Sur les mémoires émotionnelles (le moment précis où ça a commencé, les humiliations enfouies)
  • Sur les charges corporelles (le pic d'angoisse qu'on sent dans le ventre quand quelqu'un entre aux toilettes)
  • Sur les croyances de fond ("je suis le seul", "je ne guérirai jamais", "il y a un truc cassé chez moi")

Dans mon cas personnel, ce travail mémoriel a porté ses fruits assez vite. Mais ça n'arrive pas comme ça à tout le monde. Plus la parurésie est ancienne, plus il y a de mémoires à remonter. C'est comme sculpter : parfois on enlève une couche et tout s'écroule. Parfois il faut enlever dix couches.

Le vrai problème avec l'EFT, c'est que la technique elle-même est simple, mais l'ordre dans lequel on remonte les mémoires fait toute la différence. Tapoter dans le désordre sur "mes blocages aux toilettes" en surface, sans aller chercher la racine, c'est arroser une mauvaise herbe sans toucher au rhizome. Elle revient.

C'est pour ça que j'ai créé le programme de Vessie Libre : non pas une vidéo miracle, mais une séquence précise, étape par étape, qui vous accompagne dans le bon ordre. Pas de tâtonnement. Pas de "j'ai essayé l'EFT mais ça n'a pas marché chez moi". Juste la méthode que j'aurais voulu avoir à 17 ans.

Solutions palliatives contre la parurésie (court terme)

  • Les médicaments comme les antidépresseurs et les anxiolytiques pour réduire l'anxiété et les blocages. Mais comme tout médicament, ce n'est pas viable sur le long terme compte tenu de leurs effets secondaires.
  • Utilisation d'un cathéter pour vidanger la vessie discrètement. Il ne s'agit pas d'un traitement, mais d'une aide qui peut permettre de mener une vie sociale plus épanouie (prendre l'avion par exemple).
  • Retenir sa respiration (Breath Holding), d'une façon bien précise, aide certaines personnes à parvenir à uriner. Sa maîtrise est toutefois difficile à acquérir et demande de la pratique.

Pourquoi une approche structurée donne de meilleurs résultats

Vous venez de lire la liste des solutions. EFT, TCC, EMDR, exposition graduelle, médicaments, breath holding... Et vous vous dites peut-être : "OK, mais je commence par quoi ?"

Bonne question. Et la réponse n'est probablement pas celle que vous croyez.

La majorité des parurétiques que je connais ont essayé une chose. Une seule. Soit ils ont vu une vidéo YouTube sur l'EFT, ils ont tapoté trois minutes en attendant un miracle. Soit ils ont tenté l'exposition graduelle tout seul dans des toilettes publiques, sans préparation, et ont craqué après deux échecs. Soit ils ont demandé un anxiolytique à leur médecin et ont vite vu que c'était pas viable.

Résultat ? Ça ne marche pas, ou ça marche à moitié. Et ils en concluent que rien ne marche.

Sauf que la parurésie, ce n'est pas un problème. C'est trois problèmes empilés :

  • Des mémoires émotionnelles anciennes (le lycée, les remarques, les premières fois où vous avez bloqué)
  • Des croyances de fond ("je suis le seul", "les autres me jugent", "j'y arriverai jamais")
  • Un conditionnement physique (les muscles du sphincter ont appris à se contracter dans certaines situations)

Une seule technique, aussi bonne soit-elle, ne traite qu'une couche.

Vous nettoyez les mémoires avec l'EFT mais vous ne reconstruisez pas le réflexe physique ? La parurésie revient. Vous faites de l'exposition mais vous n'avez pas désamorcé les vieilles peurs en amont ? Vous craquez à la première difficulté.

C'est la raison pour laquelle j'ai créé le programme Vessie Libre : une méthode qui empile les bonnes couches dans le bon ordre, sans en oublier aucune. Pas une vidéo bricolée. Un parcours complet.

L'exposition Graduelle

Faire pipi devant des gens. C'est tout. C'est ça, l'exposition graduelle.

OK je résume vite, mais sur le fond, c'est exactement ça : vous vous confrontez aux situations qui vous bloquent, par paliers de plus en plus exigeants, jusqu'à ce que votre cerveau finisse par se rendre compte que rien de catastrophique n'arrive. Il décroche l'alerte.

C'est l'approche la plus simple à comprendre. Et de loin la plus difficile à appliquer.

Pourquoi ça marche ? Parce que la parurésie est un réflexe conditionné. À force d'associer "présence d'autrui = blocage", votre système nerveux a câblé l'équation comme un automatisme. L'exposition graduelle fait l'inverse : elle force le câblage à se reconfigurer en accumulant des expériences positives dans des situations auparavant redoutées.

Voici à quoi ressemble une échelle d'exposition typique pour la parurésie :

  • Niveau 1 : chez vous, seul, porte des WC ouverte
  • Niveau 2 : chez vous, avec un proche dans une autre pièce
  • Niveau 3 : chez vous, avec un proche dans le couloir, à 2 mètres de la porte
  • Niveau 4 : toilettes publiques aux heures creuses, en cabine
  • Niveau 5 : toilettes publiques aux heures fréquentées, en cabine
  • Niveau 6 : urinoirs avec quelqu'un à 3 mètres
  • Niveau 7 : urinoirs avec quelqu'un juste à côté

Vous progressez palier par palier. Pas de saut. Pas de "allez je tente direct un urinoir au stade de France un soir de finale".

Une variante puissante existe : l'exposition avec un partenaire (le fameux "pee buddy" des anglo-saxons). Vous y allez à deux, vous communiquez en direct, et vous avancez ensemble. C'est la méthode officielle de l'International Paruresis Association, et c'est redoutablement efficace.

Mais voilà le truc.

Trouver un partenaire d'exposition francophone, en pratique ? Quasi impossible. Le tabou est tellement fort que vous ne connaissez probablement personne d'autre qui ait la parurésie où qui habite près de chez vous.

Résultat ? La majorité des parurétiques tentent l'exposition tout seuls, sans protocole, sans préparation mentale. Ils sautent direct au niveau 5 parce qu'ils en ont marre, ils craquent, ils reviennent traumatisés au niveau 0. Et ils en concluent que l'exposition ne marche pas.

Sauf que ce n'est pas l'exposition qui ne marche pas. C'est l'absence de palier.

C'est pour ça que dans Vessie Libre, j'ai séquencé l'exposition sur des semaines, étape par étape, avec à chaque palier un travail EFT en amont pour désamorcer la peur avant d'y aller. Vous ne vous jetez pas dans le grand bain. Vous apprenez à nager avant.

Questions fréquentes sur la parurésie (FAQ)

La parurésie est-elle reconnue comme une maladie ?

La parurésie n'est pas listée comme une maladie distincte dans la CIM-11, mais elle est reconnue par la communauté médicale comme un sous-type de phobie sociale (anxiété sociale situationnelle). Elle figure dans le DSM-5 sous le code 300.23 (trouble d'anxiété sociale, type situationnel). L'International Paruresis Association (IPA) la documente depuis les années 1990 et plusieurs études cliniques sont publiées chaque année.

Combien de personnes sont touchées par la parurésie en France ?

Selon l'IPA, la parurésie toucherait entre 5 et 7 % de la population mondiale. Le chiffre est probablement sous-estimé : le tabou autour du sujet empêche la majorité des personnes concernées d'en parler à leur médecin ou de répondre franchement aux études.

Comment savoir si je souffre de parurésie ou d'un autre trouble urinaire ?

Le critère décisif est simple : si vous urinez sans aucun problème quand vous êtes seul chez vous, mais que vous bloquez en public, en voyage ou en présence d'autres personnes, il s'agit d'une parurésie (origine psychologique). Si au contraire vous avez aussi des difficultés en étant seul, avec un faible jet ou des douleurs, il faut consulter un urologue : il peut s'agir d'une dysurie, d'une infection ou d'un problème de prostate.

La parurésie touche-t-elle plus les hommes que les femmes ?

Les hommes sont statistiquement plus diagnostiqués, principalement à cause du design des urinoirs publics qui les expose au regard et à l'écoute des autres. Les femmes sont également touchées mais souvent dans des situations différentes : invitation chez des amis, voyage, partenaire dans la pièce voisine. Le ressenti et les conséquences sont identiques.

Peut-on vraiment guérir de la parurésie ?

Oui. La parurésie est une phobie sociale, et les phobies se traitent. Les approches qui ont démontré leur efficacité sont les thérapies comportementales et cognitives (TCC), l'exposition graduelle, l'EFT, l'EMDR et l'hypnose. Le délai varie de quelques semaines à quelques mois selon l'ancienneté et la sévérité du blocage. La guérison passe par un travail sur les mémoires émotionnelles à l'origine du blocage et par un reconditionnement progressif.

L'EFT est-elle efficace contre la parurésie ?

L'EFT (Emotional Freedom Technique) est une technique de stimulation de points méridiens combinée à un travail verbal. Elle est particulièrement adaptée à la parurésie car elle traite directement les mémoires émotionnelles et l'anxiété anticipatoire qui sont au cœur du blocage. C'est la méthode autour de laquelle est construite la formation Vessie Libre, parce qu'elle peut s'auto-administrer (autonomie totale, pas besoin de praticien à vie).

Combien de temps faut-il pour vaincre la parurésie ?

Aucun délai ne peut être garanti, mais l'expérience montre qu'un travail structuré sur 4 à 12 semaines permet à la majorité des personnes de retrouver une vie sociale normale. Les progrès sont rarement linéaires : une amélioration nette en 2 à 3 semaines, suivie de paliers, puis une consolidation. Plus la parurésie est ancienne, plus le travail demande de patience, mais elle reste réversible.

Dois-je en parler à mon médecin ?

Une consultation médicale est utile pour exclure une cause physique (notamment si vous avez aussi des difficultés en étant seul). Au delà, la majorité des médecins généralistes connaissent peu la parurésie et orientent souvent vers un anxiolytique, qui peut soulager ponctuellement mais ne traite pas la cause. Une approche centrée sur la phobie elle-même donne des résultats durables.

Pour aller plus loin : tous nos articles sur la parurésie

Cette page pilier vous a donné une vue d'ensemble. Pour approfondir un aspect précis, voici les 9 articles complémentaires de notre dossier parurésie.

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Techniques et méthodes

Références

  1. Mes 17 ans d'expérience 🙂
  2. Parurésie - Wikipedia
  3. Passport Santé
  4. Sarah E. H. Moore, Simon Breeze, Spaces of Male Fear: The Sexual Politics of Being Watched, The British Journal of Criminology, Volume 52, Issue 6, November 2012, Pages 1172–1191, https://doi.org/10.1093/bjc/azs033
  5. Williams, G. W., & Degenhardt, E. T. (1954). Paruresis: A survey of a disorder of micturition. The Journal of General Psychology, 51(1), 19-29. https://doi.org/10.1080/00221309.1954.9710102
  6. Boschen, M. J. (2008). Paruresis (psychogenic inhibition of micturition): Cognitive behavioural formulation and treatment. Depression and Anxiety, 25(11), 903-912. https://doi.org/10.1002/da.20367
  7. Kuoch, K. L. J., Meyer, D., Austin, D. W., & Knowles, S. R. (2017). A systematic review of paruresis: Clinical implications and future directions. Journal of Psychosomatic Research, 98, 122-129. https://doi.org/10.1016/j.jpsychores.2017.05.015
  8. Hammelstein, P., Pietrowsky, R., Merbach, M., & Brähler, E. (2005). Psychogenic urinary retention ('paruresis'): Diagnosis and epidemiology in a representative male sample. Psychotherapy and Psychosomatics, 74(5), 308-314. https://doi.org/10.1159/000086323
  9. Vythilingum, B., Stein, D. J., & Soifer, S. (2002). Is "shy bladder syndrome" a subtype of social anxiety disorder? A survey of people with paruresis. Depression and Anxiety, 16(2), 84-87. https://doi.org/10.1002/da.10061
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  11. Soifer, S., Himle, J., & Walsh, K. (2010). Paruresis (shy bladder syndrome): A cognitive-behavioral treatment approach. Social Work in Health Care, 49(5), 494-507. https://doi.org/10.1080/00981381003684898
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  13. Pajak, R., Langhoff, C., Watson, S., & Kamboj, S. K. (2013). Experimental single-session imagery rescripting of distressing memories in bowel/bladder-control anxiety: A case series. Frontiers in Psychiatry, 4, 182. https://doi.org/10.3389/fpsyt.2013.00182
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  15. Tully, A. P., et al. (2024). Exploring paruresis ('shy bladder syndrome') and factors that may contribute to it: A cross-sectional UK survey study. Royal Society of Medicine. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11574405/
  16. International Paruresis Association. (s.d.). Literature references on paruresis. https://paruresis.org/literature-references/

Transcription de la vidéo

"Salut, je m'appelle Guillaume, et aujourd'hui, je veux partager avec vous mon expérience de la parurésie, un problème qui est souvent ignoré, mais qui touche de nombreuses personnes dans le monde. J'ai vécu avec la parurésie pendant 17 ans, et je pense qu'il est temps d'en parler ouvertement.

Dans cette vidéo, je vais aborder plusieurs points, notamment ce qu'est la parurésie, les symptômes et les comportements associés, ainsi que des moyens possibles pour surmonter ce défi. Commençons par définir la parurésie. Il s'agit essentiellement de la difficulté à uriner dans des lieux publics, surtout lorsque l'on sait que l'on peut être vu ou entendu, ou lorsque le temps est limité. C'est un problème mental plutôt que physique, classé comme une phobie sociale, et souvent causé par des traumatismes passés, des expériences, ou des sentiments tels que l'infériorité.

La parurésie peut varier en intensité, allant de formes légères à sévères. Les comportements associés à cette phobie comprennent la vigilance constante, l'utilisation de techniques comme la fermeture des yeux ou la fixation d'un point pour tenter d'uriner, et même la consommation d'alcool pour désinhiber. Les personnes touchées peuvent également développer des stratégies d'évitement, comme le choix de cabines plutôt que d'urinoirs, ou le refus d'activités sociales.

Parler de la parurésie est souvent difficile en raison de la gêne associée au sujet, surtout pour les hommes dans une société qui valorise la force et la virilité. Cela peut conduire à un isolement et à des pensées négatives constantes, alimentant la spirale de l'anxiété et de la dépression.

Heureusement, il existe des approches pour faire face à la parurésie. On peut envisager des solutions palliatives, telles que des anxiolytiques, des cathéters dans des situations spécifiques, ou des techniques respiratoires. Cependant, pour traiter la cause profonde, des solutions correctives sont nécessaires. L'exposition graduelle, où l'on s'expose progressivement à la peur avec le soutien de quelqu'un de confiance, est recommandée. Des thérapies comme l'EMDR, le Tipi, l'EFT, et d'autres thérapies cognitives peuvent également être efficaces.

En conclusion, la parurésie peut être un véritable calvaire, mais il est possible de s'en sortir avec un travail sur soi et le bon soutien. Si vous êtes prêt à faire face à la parurésie, vous trouverez des ressources utiles dans les liens ci-dessous cette vidéo. N'oubliez pas que vous n'êtes pas seul, et il y a de l'aide disponible. Merci d'avoir regardé cette vidéo, et à bientôt pour d'autres discussions sur ce sujet. Ciao ciao, bye!"


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A Propos de l'Auteur

Guillaume

J'ai vécu 17 ans avec la parurésie.
Aujourd'hui, j'aide les personnes qui souffrent en silence de ce problème méconnu à s'en libérer.
En savoir plus sur moi

  • Personnellement, je suis au collège et souvent je n’arrives pas à aller à uriner par ce que d’après moi
    •Les autres font trop de bruit
    •Temps limité
    •Temps d’attente

    Et puis pour en parler
    J’ai pas trop de mal, les amis sont au courant et mes parents aussi…

    J’aimerai vraiment guérir
    Surtout quand par exemple il y a des sorties scolaires ou d’autres activités…
    Et le plus gros problème aussi, c’est que j’ai une vessie hyperactive

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